Tesla a cédé du terrain sur l’une des exemptions qu’elle souhaitait obtenir pour son système d’assistance à la conduite en Europe, mais le vote à l’échelle de l’UE qu’elle attend n’est toujours pas programmé. Ces deux informations proviennent de l’Administration norvégienne des routes publiques (Statens vegvesen), qui a mis à jour sa page de suivi du système le 29 octobre 2026. Il s’agit de Tesla Assisted Driving, commercialisé en Europe sous le nom de FSD (Supervised) jusqu’à son changement de nom ce mois-ci. ITavisen a relayé cette mise à jour le 30 octobre et indique qu’il s’agit de la première modification de la page depuis le 3 juillet.

Ce que Tesla a modifié

Après des échanges avec les autorités de plusieurs pays, indique l’agence, Tesla a rapproché le système du règlement ONU 171, les règles internationales applicables à cette catégorie d’assistance à la conduite. Elle énumère trois changements :

Changement Situation au 29 octobre
Nom FSD (Supervised) est devenu Tesla Assisted Driving
Communication sur le potentiel de sécurité du système Atténuée
Accélération latérale maximale Tesla ne sollicite plus d’exemption aux limites

L’accélération latérale est la force exercée sur le côté dans un virage ; ces limites encadrent donc la vitesse à laquelle le système peut négocier une courbe tout en dirigeant le véhicule. L’agence attend aussi de Tesla qu’elle adapte le système afin qu’il respecte davantage les limitations de vitesse, un point que la Norvège défend à Bruxelles depuis juin. La Lettonie, dixième pays de l’UE à autoriser le système, l’a approuvé le 26 octobre après que Tesla a réduit la marge de dépassement autorisée d’une limitation.

La page n’indique ni quand Tesla a abandonné sa demande concernant l’accélération latérale, ni si les voitures utilisant déjà le système ont été modifiées.

Ce que l’homologation néerlandaise exempte encore

L’autorité néerlandaise RDW a présenté son homologation au Comité technique des véhicules à moteur (TCMV) de l’UE le 5 mai 2026. Selon le résumé norvégien, elle exempte le système de la règle limitant la conduite sans les mains hors des autoroutes, ainsi que des exigences relatives au respect des limitations de vitesse. En contrepartie, le système impose une surveillance plus stricte du conducteur et avertit lorsque les mains du conducteur ne sont pas « près » du volant. L’homologation évalue l’effet du système sur la sécurité routière comme « légèrement positif ».

Un vote en décembre n’est pas garanti

Aucun vote n’a eu lieu lors de la réunion du comité du 6 octobre, les autorités d’homologation de la plupart des États membres ayant indiqué qu’elles n’étaient pas prêtes. Le comité se réunit de nouveau en décembre, mais la question de savoir s’il votera « n’est toujours pas tranchée », et la formulation de toute décision n’est pas arrêtée. « Plusieurs pays ont encore des questions concernant l’homologation néerlandaise », écrit l’agence.

Cela relativise l’échéance de décembre évoquée par TeslAnt lorsque le vote a disparu de l’ordre du jour d’octobre. L’Allemagne et, depuis le 29 octobre, l’Italie soutiennent une approbation rapide. La Norvège participe au comité en tant que membre de l’EEE, mais ne dispose pas de droit de vote.

La Norvège refuse les démonstrations de Tesla

Tesla Norway est autorisée à faire rouler trois voitures modifiées pour des essais internes, afin de collecter des données et d’adapter le système aux routes norvégiennes. L’entreprise a également demandé à organiser des démonstrations pour les clients. L’agence a examiné les documents d’information que Tesla prévoyait d’utiliser et les a rejetés comme étant « trompeurs, car ils ne précisent pas qu’il s’agit d’un système d’assistance à la conduite ». Tesla a été invitée à les modifier et, au 29 octobre, n’avait pas envoyé de version révisée.

Ce que cela signifie pour les propriétaires

Les propriétaires des dix pays ayant reconnu l’homologation néerlandaise conservent le système dans le cadre de ces décisions nationales. Ailleurs dans l’UE, les voies possibles sont une reconnaissance nationale ou la décision à l’échelle de l’UE, dont la date est désormais incertaine. La Norvège n’introduira pas le système avant qu’il ne respecte le règlement ONU 171, comme la ministre des Transports l’a déclaré au Storting le 16 octobre.