Le Japon n'exigera plus de volant ni de pédales sur les voitures sans conducteur. Le ministère du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme (MLIT) a annoncé le 4 novembre 2026 qu'il modifiera les normes de sécurité des véhicules à partir de décembre, afin que les véhicules de niveau 4 et de niveau 5 dépourvus de volant et de pédale de frein soient homologués selon des règles uniformes, rapporte Nikkei. Jusqu'ici, ces véhicules étaient homologués au cas par cas.
Le MLIT a présenté ce changement le même jour aux organisations professionnelles et aux autres parties prenantes, lors de la réunion de son comité d'examen des mesures de sécurité des véhicules. La séance s'est tenue à huis clos, et le ministère indique que ses documents sont mis en ligne après la réunion. À 10 h 15 UTC, aucun n'avait encore été publié.
Ce qui change en décembre
| Jusqu'à présent | Véhicules produits à partir de décembre | |
|---|---|---|
| Voitures sans conducteur dépourvues de volant et de pédale de frein | Homologuées au cas par cas | Homologuées de manière uniforme selon les normes de sécurité |
| Volant | Obligatoire | Non obligatoire pour les niveaux 4 et 5 |
| Alerte de franchissement de ligne, rétroviseurs | Obligatoires | Non obligatoires pour les niveaux 4 et 5 |
Le niveau 4 désigne la conduite entièrement automatisée dans des conditions définies, par exemple dans une zone délimitée ; le niveau 5, la conduite entièrement automatisée en tout lieu. La règle relève de la loi japonaise sur les véhicules de transport routier.
Cette évolution s'aligne sur l'ONU. Selon Nikkei, la norme applicable aux véhicules dépourvus de ces commandes a été adoptée en juin au Forum mondial de l'harmonisation des règlements concernant les véhicules (WP29) de l'ONU et devrait devenir une norme internationale en décembre ; le Japon l'appliquera donc aux véhicules produits à partir de ce mois-là. En juin, TeslAnt rapportait que ce même forum avait adopté le premier règlement mondial sur les systèmes de conduite automatisée.
Le gouvernement vise 10 000 bus et taxis de niveau 4 d'ici l'exercice 2030. Nikkei estime que ce changement offrira aux constructeurs une plus grande liberté de conception et favorisera la production en série. Waymo prévoit de lancer un service de robotaxis au Japon en 2027 avec des robotaxis bZ4X construits par Toyota.
Pourquoi c'est important pour Tesla
Le Cybercab, le robotaxi biplace de Tesla, n'a ni volant ni pédales. Il a été présenté en septembre à Tokyo, Osaka et Nagoya lors d'une tournée d'exposition en Asie-Pacifique, à l'arrêt et derrière un cordon. Tesla n'a annoncé aucun projet de commercialisation ni d'exploitation au Japon.
Selon Nikkei, le comité a également évoqué la création d'un groupe de travail sur une « certification d'excellence » pour les voitures « Level 2++ », qui roulent quasiment sans intervention du conducteur. Il n'a précisé ni critères ni calendrier. Le FSD (Supervised) de Tesla est un système de niveau 2 de ce type. En octobre, le président de Tesla Japon a déclaré que l'entreprise visait toujours un lancement au Japon en 2026, mais que la décision ne dépend pas de Tesla seule.
Où en est l'Europe
La modification japonaise ne concerne que le Japon. Le WP29 est aussi le forum de l'ONU dont les règlements fondent la réception par type européenne, mais l'article de Nikkei ne dit rien des autres pays. En Europe, le Cybercab entame le 5 novembre à Zurich une tournée d'exposition en 12 étapes. Le système supervisé de Tesla est homologué pays par pays ; la Lettonie est devenue le 26 octobre le dixième pays de l'UE à l'autoriser.