Un homme de 71 ans a été tué tôt le jeudi 22 octobre 2026. Une Tesla l'a percuté alors qu'il traversait à pied les voies en direction de l'ouest de l'Interstate 80, à Vallejo, en Californie. Le conducteur, un habitant de San Francisco âgé de 26 ans, s'est arrêté et est resté sur place. Il a déclaré aux agents de la California Highway Patrol (CHP) que la voiture était en mode Full Self-Driving, rapporte ABC7, qui cite le bureau de la CHP de la zone de Solano.

Ce que dit la CHP

L'accident a été signalé vers 2 h 35, heure locale, à l'échangeur avec l'I-780. La CHP a examiné les images de la caméra embarquée de la Tesla elle-même. Selon l'agence, la voiture roulait à environ 70 mph (113 km/h) sur la deuxième voie en partant de la gauche. L'homme s'est alors engagé sur l'autoroute depuis la bande d'arrêt d'urgence de droite et a marché vers le terre-plein central, directement sur sa trajectoire.

« La vidéo montre les freins de la Tesla actionnés tandis que le véhicule braquait vers la gauche pour tenter d'éviter le piéton. Malgré ces manœuvres d'évitement, l'avant droit de la Tesla a percuté la personne », a déclaré la CHP.

Au moins un autre véhicule a ensuite heurté l'homme alors qu'il gisait sur les voies de circulation. Aucun autre conducteur ne s'est arrêté, et ce véhicule n'a pas été identifié. Le décès de l'homme a été constaté sur place, rapporte Hoodline. La CHP n'a pas divulgué son nom et appelle les témoins à contacter son bureau de la zone de Solano.

Ce qui est établi, et ce qui ne l'est pas

Pour l'instant, l'activation du FSD ne repose que sur les déclarations du conducteur. Le communiqué de la CHP ne précise ni le modèle de la Tesla ni sa version logicielle. Les images qu'il décrit montrent que la voiture a freiné et braqué. Elles ne disent pas si c'est le logiciel ou le conducteur qui l'a fait.

Cette affirmation peut être vérifiée. Si l'Autopilot ou le FSD était activé dans les 30 secondes précédant l'impact, Tesla est tenue de signaler un accident mortel comme celui-ci à la NHTSA. Cette obligation découle du Standing General Order du régulateur américain. Le dossier fédéral finira donc par montrer si le système conduisait.

C'est le deuxième accident grave en neuf jours sur l'I-80, dans le comté de Solano, où un conducteur de Tesla affirme que le FSD avait le contrôle. Le 13 octobre à Fairfield, une Tesla s'est engagée dans une zone fermée balisée de fusées de détresse et a percuté une voiture de patrouille de la CHP. Son conducteur a déclaré qu'il s'était endormi. Les deux cas ne sont pas comparables. À Fairfield, la voiture n'a pas réagi à une fermeture pourtant éclairée. À Vallejo, les images décrites par la CHP montrent une voiture qui tente d'éviter un piéton. Celui-ci s'était engagé de nuit sur une autoroute où l'on roule à 70 mph. The Verge relève qu'après l'accident de Fairfield, la CHP a rappelé aux conducteurs que « malgré son nom, le Full Self-Driving n'est pas entièrement autonome ».

Pourquoi c'est important en Europe

Le FSD fait déjà l'objet d'un examen fédéral aux États-Unis. La NHTSA mène une analyse technique des infractions au code de la route, comme le franchissement de feux rouges, qui concerne environ 2,9 millions de voitures. Une analyse distincte des accidents survenus par mauvaise visibilité met en cause la décision de Tesla de supprimer le radar.

En Europe, le FSD (Supervised) est autorisé dans neuf pays et comptait plus de 100 000 clients fin septembre, selon les résultats du troisième trimestre de Tesla. Toutes les homologations européennes accordées jusqu'ici exigent que le conducteur supervise en permanence. La décision à l'échelle de l'UE ne pourra pas intervenir avant la réunion de décembre du comité chargé de la voter. Rien ne change pour les propriétaires européens. Ce que Tesla déclarera à la NHTSA au sujet de Vallejo et de Fairfield montrera si le FSD avait le contrôle lors de l'un ou l'autre de ces accidents.