David Moss a parcouru 25,000 miles au volant de sa Tesla Model 3 en FSD (Supervised) sans une seule correction de trajectoire, sans un coup de frein ni aucune autre intervention. Il a franchi ce cap le 9 août 2026 et, selon tous les relevés qui suivent ces chiffres, il est le premier à y parvenir.

Ce que le chiffre compte réellement

La série ne correspond pas à la distance totale parcourue en FSD. C'est la distance parcourue depuis la dernière fois que le conducteur a touché à quelque chose : une simple pression sur le volant et le compteur repart de zéro.

Tesla affiche cette donnée depuis FSD v14.2, qui a ajouté une rubrique « Self-Driving Stats ». La v14.3.3 a placé sur l'écran de conduite un widget dédié à la série sans intervention, et la v14.3.4 y a ajouté des animations de célébration aux paliers. Lorsque Moss a dépassé 25,000 miles, la voiture a rempli l'écran de confettis, la même fioriture qu'elle produit à 250, 500, 1,000 et 5,000 miles.

Pour donner l'échelle, Sawyer Merritt a comparé 25,000 miles à environ un tour de la Terre, ou à près de deux ans de conduite pour un Américain moyen.

Huit mois d'essais de résistance délibérés

Rien de tout cela n'est arrivé par hasard. Moss a passé l'essentiel de huit mois à utiliser sa Model 3 comme un banc d'endurance roulant pour la pile logicielle v14 de Tesla. Il avait déjà enregistré près de 13,000 miles sans interruption et bouclé ce qui a été présenté comme le premier trajet FSD sans intervention à travers le Canada. Pendant cette même série, le 27 juillet, sa voiture a en outre établi un record sur l'EV Cannonball Run.

Cet historique compte quand on lit le chiffre affiché en gros. Une seule série continue de cette longueur exige que le logiciel se tienne, que le matériel ne défaille pas et que le conducteur accepte un niveau de risque inhabituel en renonçant à intervenir.

Trois réserves à garder en tête

  • Ce n'est pas une statistique de sécurité. Une voiture sur le profil de trajets d'un seul conducteur reste une anecdote, aussi impressionnante soit-elle. Les chiffres à l'échelle de la flotte et les travaux indépendants — comme le test de temps de réaction avec un mannequin tiré par une poulie — en disent plus sur le comportement habituel que n'importe quelle série individuelle.
  • Le compteur est la comptabilité de la voiture elle-même. Une série sans intervention ne fait l'objet d'aucun audit externe. C'est ce que le véhicule déclare.
  • FSD reste Supervised. Le nom n'a pas changé. Ne pas intervenir n'équivaut pas à ne pas devoir rester attentif, et la surveillance du conducteur mise en place par Tesla — encore resserrée en v14.3.6 — continue d'exiger un conducteur vigilant.

Pourquoi les propriétaires européens doivent le lire autrement

La série a été réalisée en Amérique du Nord, sur une version que l'Europe n'a pas. Les voitures européennes n'ont goûté sérieusement au système que très récemment, à travers l'essai gratuit de deux mois que Tesla a ouvert aux propriétaires européens, et la pile européenne reste en retard sur la nord-américaine.

Les routes européennes rendent aussi les longues séries plus difficiles, pour des raisons qui n'ont rien à voir avec la qualité du logiciel : trajets plus courts, carrefours plus rapprochés, davantage de ronds-points, davantage de tourne-à-gauche sans feu dédié, rues urbaines plus étroites. Les versions nord-américaines récentes ont d'ailleurs été visiblement inégales : la v14.3.6 a suscité des plaintes sur le freinage, que la v14.3.7 est venue corriger.

La lecture honnête, c'est que le chiffre de Moss montre ce dont la pile actuelle est capable dans les bonnes conditions, entre les mains de quelqu'un de déterminé à la laisser faire. Ce n'est pas une prévision pour votre trajet quotidien.