La prime allemande pour les voitures électriques a désormais approuvé 97 790 véhicules et, pour la première fois depuis l’ouverture du dispositif, Tesla ne figure plus parmi les deux premiers.

Le Bundesamt für Wirtschaft und Ausfuhrkontrolle publie les totaux cumulés chaque mois. Au relevé du 1 octobre 2026, Stellantis a dépassé Tesla pour prendre la deuxième place au niveau des groupes automobiles. La position de Tesla décrite par TeslAnt il y a un mois — deuxième place, mais en train de la perdre — est désormais effectivement perdue.

Où en sont les approbations

Groupe Approbations Part
Volkswagen Group 20 624 21,1%
Stellantis 13 670 14,0%
Tesla 12 155 12,4%
Hyundai Motor Group 10 415 10,7%
Renault Group 8 396 8,6%
BMW Group 6 085 6,2%
BYD 5 814 5,9%
Tous les demandeurs 97 790 100%

La coentreprise Leapmotor est comptabilisée séparément dans le détail de la BAFA, avec 5 816.

La raison est le taux de croissance, pas un recul

Le nombre absolu de Tesla a augmenté. La marque comptait 8 141 voitures approuvées au relevé du 1 septembre et 12 155 au 1 octobre, soit un gain de 4 014 et une hausse de 49%. Le problème est que le dispositif lui-même a progressé de 86% sur le même mois, passant de 52 473 approbations à 97 790, tandis que Stellantis a progressé de 83%.

Une marque qui croît moins vite que le programme qui la finance perd mécaniquement des parts. La part de Tesla est tombée de 15,5% au 1 septembre à 12,4% au 1 octobre. C’est le deuxième mois consécutif où sa croissance est inférieure à celle du dispositif, et cette fois l’écart était suffisamment important pour lui coûter une place.

Le Model Y reste la voiture la plus subventionnée d’Allemagne

Modèle Approbations
Tesla Model Y 8 297
Škoda Elroq 5 478
Tesla Model 3 3 845

Le Model Y occupe la tête de ce classement à chaque relevé mensuel depuis l’ouverture de la prime, et il est construit à Grünheide pour le marché européen. Le Model 3, troisième, est fourni depuis Fremont et Shanghai — une même répartition qui compte dans le débat berlinois sur le fait de conditionner la prime à une production européenne.

Tesla reste également en tête du classement par marque, avec 12 155 voitures contre 7 224 pour Škoda et 6 229 pour Cupra. Ces deux constats sont simultanément vrais parce que Tesla est un groupe à marque unique : les mêmes 12 155 voitures qui remportent le tableau des marques ne placent le groupe qu’en troisième position, là où Volkswagen peut additionner Škoda, Cupra et ses propres marques.

L’argent en jeu

Environ 432 millions d’euros avaient été engagés au 1 octobre, contre 230 millions un mois plus tôt et 117 millions au 1 août. La prime moyenne s’élève à 4 418 euros par foyer, dans une fourchette allant de 1 500 à 6 000 euros selon les revenus et la taille du foyer. Les voitures électriques à batterie ont représenté 91,6% des approbations et les hybrides rechargeables 8,4%.

L’enveloppe s’élève à 3 milliards d’euros jusqu’en 2029, ce qui, selon le ministère de l’Environnement, devrait couvrir environ 800 000 voitures. Au rythme actuel, le dispositif dépense plus vite que ne le laisse prévoir ce profil.

Ce que cela signifie pour un acheteur sur le plus grand marché européen des VE

Rien n’a changé quant aux critères d’éligibilité, et le Model Y reste la voiture pour laquelle les acheteurs allemands demandent le plus souvent la prime. Ce qui a changé, c’est le paysage concurrentiel qui l’entoure : le segment des petites voitures bon marché que la prime favorise est celui où Tesla est le plus faible, ce qui rejoint le constat structurel fait par DIW Berlin lorsqu’il a jugé limité l’effet sur la politique industrielle. Le dépassement de Tesla par Stellantis est cet argument qui se manifeste dans les totaux mensuels.