Le président Donald Trump a profité d'un discours prononcé le 5 août 2026 au Red Rock Casino de Las Vegas pour se moquer des propriétaires de véhicules électriques, expliquant à la salle qu'ils « ont une maladie » et qu'ils sont « fous ».
La remarque est intervenue lors d'une allocution consacrée au programme fiscal de l'administration. Trump n'a pas nommé le mal qu'il décrivait, mais les symptômes qu'il a énumérés l'identifient assez clairement : un conducteur qui s'inquiète de savoir où se trouve la prochaine borne de recharge alors que la batterie affiche encore 75%.
« Vous roulez en voiture électrique, ces gens ont une maladie, vous savez, c'est une maladie », a-t-il déclaré. « Ces gens sont fous. »
Pourquoi une phrase de meeting mérite d'être rapportée
Prise isolément, c'est une saillie sans conséquence. Ce qui la rend digne de l'attention d'un lecteur européen, c'est qu'elle est cohérente avec ce que l'administration a réellement fait, au lieu de le contredire.
Au cours de l'année écoulée, le crédit d'impôt fédéral américain pour les véhicules électriques a été supprimé, les normes d'émissions de l'EPA ont été assouplies, et les financements du déploiement national de la recharge rapide ont été gelés ou réduits. Le discours et la loi vont dans le même sens. C'est là toute la différence entre un responsable politique qui plaisante sur une technologie et un gouvernement qui lui retire son soutien.
La cible précise — l'angoisse de l'autonomie à 75% de charge — est elle aussi révélatrice, car c'est la critique de la voiture électrique qui a le plus mal vieilli. Elle décrit l'expérience de propriétaire de 2015, pas celle de 2026, dans un pays qui compte plus de 200,000 points de recharge publics.
La presse européenne l'a remarqué
Le discours a été rapidement repris par les médias spécialisés en France et en Italie, ce qui est inhabituel pour une phrase prononcée lors d'un meeting intérieur américain. Automobile Propre l'a publié en français et Vaielettrico en italien, tous deux le présentant comme un nouvel épisode d'une campagne continue contre la voiture électrique plutôt que comme une sortie isolée.
Cet intérêt ne porte pas vraiment sur Trump. Il porte sur l'écart qui se creuse entre les deux marchés.
Le contraste est désormais saisissant
Placez à côté les chiffres européens de la même semaine. La France vient d'enregistrer une part record de 35% d'électriques à batterie en juillet, portée par un dispositif de leasing conditionné aux revenus et visant directement les conducteurs les plus modestes. La prime à l'achat allemande avait dépassé 103,500 demandes. Dans les deux cas, des gouvernements dépensent de l'argent pour orienter les acheteurs vers l'électrique, alors que les États-Unis retirent le soutien équivalent.
L'Europe n'est pas unanime — les règles de 2035 sur les moteurs thermiques sont toujours en cours de renégociation, et le débat sur l'ampleur de leur assouplissement reste ouvert. Mais ce débat porte sur le rythme, pas sur la destination.
Pour Tesla, cette fracture est gênante d'une manière qu'elle ne l'est pas pour les autres constructeurs. La marque vend sur les deux marchés, son directeur général est étroitement associé à l'administration américaine depuis deux ans, et les acheteurs européens placent déjà la marque au dernier rang en matière d'image dans l'UE, en grande partie à cause de cette association. Un président américain qui se moque de ceux qui achètent des voitures électriques n'est un message profitable à Tesla sur aucun des deux marchés — mais il coûte plus cher sur celui où sa part recule.