L'édition de juillet 2026 de l'Electric Vehicle Intelligence Report a demandé à 1,861 consommateurs des 27 États membres de l'UE ce qu'ils pensent de 28 marques automobiles. Tesla termine dernière, avec un score net de popularité de -4 — derrière chaque constructeur historique, chaque concurrent né de l'électrique et les nouveaux venus chinois, BYD et NIO compris.

Le rapport est direct sur la raison : « Tesla est la marque automobile la plus mal perçue de l'UE. »

Les chiffres

Interrogées sur l'influence d'Elon Musk sur leur perception de Tesla, les personnes interrogées se répartissent ainsi :

Réponse Part
Négativement 39%
Aucune différence 35%
Positivement 13%

Le score net de popularité personnel de Musk s'établit à -31 dans l'échantillon. Lorsque l'on a rappelé aux personnes interrogées ses dons à Donald Trump, il est tombé à -47 — une chute de 16 points provoquée par une seule question.

Cette question a également fait bouger les chiffres de la marque, et pas seulement ceux de l'homme. Ensuite, la popularité de la marque Tesla ressort à -42 et l'intention d'achat déclarée à -40. C'est ce second chiffre qui a des conséquences commerciales : la popularité est une opinion, l'intention d'achat est une prévision.

La comparaison qui pique

Le sondage a aussi mesuré l'effet de la relation de BYD avec l'État chinois sur l'image de BYD auprès des consommateurs de l'UE. Le résultat s'établit à -13.

Rapporté aux -47 de Musk, le constat est brutal : le propre PDG d'une marque occidentale pèse plus lourd sur la réputation en Europe que les liens gouvernementaux d'un concurrent chinois. Pour une entreprise qui regarde depuis deux ans BYD combler l'écart en Europe — les deux marques ont atteint la même part de marché pour la première fois au premier semestre 2026 —, c'est une position inconfortable.

Perception et ventes ne sont pas la même chose

Deux précautions avant d'en tirer des conclusions trop fermes.

D'abord, le rapport note lui-même que les ventes européennes de Tesla s'améliorent depuis quelques mois, après la forte baisse de l'an dernier. Les sondages de perception de la marque mesurent ce que les gens disent, et l'achat d'une voiture est déterminé autant par le prix, l'autonomie, la recharge et les loyers de location que par ce que l'acheteur pense d'un dirigeant.

Ensuite, le tableau européen n'est pas uniforme. Le mois de juillet de Tesla a été catastrophique sur un grand marché et sans relief ailleurs — les immatriculations allemandes ont chuté de 67% à 367 voitures tandis que la Norvège n'a immatriculé que 24 Tesla, alors que d'autres marchés européens sont restés stables. Un chiffre de popularité unique pour l'ensemble de l'UE écrase cette variation.

Ce que le sondage établit, c'est que le problème de perception est mesurable, présent dans toute l'UE et attribuable à une cause précise plutôt que diffus. Trente-cinq pour cent des personnes interrogées déclarent que Musk ne change rien à leur regard sur Tesla, et c'est le chiffre que l'entreprise aimerait le plus voir grandir. Les 39% qui estiment qu'il l'aggrave représentent environ trois fois les 13% qui jugent qu'il aide — et, contrairement à l'autonomie ou au prix, ce n'est pas une mise à jour produit qui peut y remédier.