Tesla a déposé des demandes de permis pour un dépôt de recharge à Austin conçu pour des voitures qui roulent seules, et sa deuxième phase se passe complètement du câble.
Le site se trouve au 405 E. St. Elmo Road, un terrain logistique existant en face du centre de service St. Elmo de Tesla, constitué d'une aire de stockage et d'une parcelle voisine que l'entreprise utilisait comme point de dépose pour les camions porte-voitures. Les documents décrivent environ 128 places de stationnement et découpent le chantier en deux.
Ce que décrivent les documents
| Phase 1 | Phase 2 | |
|---|---|---|
| Matériel | 48 bornes V4 Supercharger | Équipements pour 80 chargeurs sans fil |
| Armoires | 12 armoires V3.5 Supercharger | Une armoire de recharge V4 |
| Également mentionné | Transformateurs, éclairage, caméras de surveillance, points d'accès Wi-Fi | — |
| Dates | Non précisées | Non précisées |
La phase 1 est une installation Supercharger classique, même si elle est vaste. La phase 2 est la plus intéressante : les notes principales mentionnent une armoire de recharge V4 « pour alimenter 80 chargeurs sans fil », ce qui transforme les places restantes en emplacements à induction.
Pourquoi le sans-fil, et pourquoi ici
Pour un Robotaxi, la recharge sans fil n'est pas un agrément : c'est la pièce manquante. Une flotte sans conducteur peut rejoindre seule un chargeur et se positionner au-dessus d'une plaque, mais elle ne peut pas ouvrir une trappe de recharge et insérer un connecteur, et poster des humains dans les dépôts pour le faire détruit une bonne partie de l'équation économique. Le Cybercab est conçu exactement pour cela : il possède un port de recharge dans le pare-chocs arrière, mais Tesla a indiqué qu'il devrait à terme se recharger sans fil par défaut, et l'entreprise a déjà obtenu une homologation FCC couvrant la recharge sans fil du Cybercab.
Le calendrier colle à celui de la flotte. Tesla est à quelques jours d'un lancement public du Cybercab à Austin selon un objectif interne fixé à la fin août, dispose de Cybercabs en essai sur routes ouvertes et a déposé dès avril des plans pour ses premiers sites Supercharger réservés aux seuls Robotaxi, en Arizona.
Ce qu'il faut prendre avec prudence
Il s'agit d'une demande de permis, pas d'une annonce. Tesla n'a publié de calendrier pour aucune des deux phases, et la ligne consacrée au sans-fil comporte une réserve : les plans renverraient à des armoires V3 déjà reliées à des Superchargers existants, si bien que la mention d'une armoire V4 alimentant 80 chargeurs sans fil pourrait être une erreur de rédaction plutôt qu'une spécification. Aucune puissance par emplacement n'apparaît dans les documents. Les demandes sont aussi révisées, réduites et abandonnées.
Ce que cela signifierait en Europe
Rien directement, et c'est précisément ce qu'il faut retenir. Tesla ne vend aucun matériel de recharge sans fil à aucun client sur aucun marché, et il n'existe aucune voie d'homologation européenne pour une biplace sans conducteur exploitée dans un dépôt de ce genre — Tesla travaille encore à l'agrément de FSD Supervised, la version avec un conducteur à bord.
Ce que les lecteurs européens peuvent tirer d'un parking d'Austin, c'est le modèle d'exploitation. Si l'équation économique du Robotaxi de Tesla repose sur des dépôts équipés de plaques à induction plutôt que sur des places de Supercharger publiques, alors le futur déploiement européen relèvera de l'immobilier et du raccordement au réseau dans des zones industrielles, et non d'une extension du réseau que les propriétaires utilisent déjà. C'est bien plus long à assembler qu'une homologation logicielle, et cela commence par des dossiers comme celui-ci.