R.R. Plett Trucking commencera le mois prochain la construction des premiers Megachargers Tesla du Canada, à son siège de Langley, en Colombie-Britannique, et sur un second dépôt à Kamloops. Electric Autonomy Canada a rapporté le projet le 18 septembre 2026. Les 12 Tesla Semi que ces bornes doivent alimenter n'arriveront pas avant juin 2027.

Cet ordre des choses résume toute l'affaire. Un camion électrique de classe 8 ne sert à rien sans la puissance nécessaire pour le remettre en route, et cette puissance prend plus de temps à installer que le camion n'en prend à être construit.

Deux sites, 1,2 mégawatt chacun

Site Rôle Borne
Langley, C.-B. Siège social ; transport de conteneurs du port de Vancouver Tesla MCS 1,2 MW
Kamloops, C.-B. Point de transit de l'intérieur Tesla MCS 1,2 MW

BC Hydro fournit la capacité électrique, soit précisément la partie d'un projet de recharge mégawatt que l'on ne peut pas accélérer. Les travaux doivent débuter en octobre 2026 et s'achever avant l'arrivée des camions.

Attention à la puissance annoncée. Les 1,2 MW correspondent au chiffre nord-américain du Megacharger, et ce n'est pas ce que l'on propose à l'Europe : Tesla a annoncé le Semi européen à 800 kW sur la norme MCS, avec une seule variante de 550 km. Un transporteur européen qui lirait ces lignes ne doit pas s'attendre à ces chiffres.

Trente minutes au lieu de trois heures

Ce qui justifie d'investir dans 1,2 MW plutôt que dans une recharge rapide en courant continu ordinaire, ce sont les rotations d'équipes, pas le confort.

« Le MCS permet de ramener le temps de recharge de trois heures à 30 minutes », a déclaré Trevor Plett à Electric Autonomy, « ce qui va nous aider à faire tourner ces camions en double équipe. »

Un camion qui se recharge en trois heures assure une équipe par jour. Un camion qui se recharge en trente minutes peut en assurer deux. C'est toute la différence entre un camion électrique qui reste une démonstration et un camion électrique qui devient une véritable unité de capacité de flotte, et c'est pourquoi la borne vaut davantage que ce qu'elle coûte.

Face aux Volvo déjà en service

R.R. Plett ne part pas de zéro. L'entreprise familiale, installée à Langley depuis que Reg Plett l'a fondée en 1978, exploite huit tracteurs Volvo VNR Electric depuis 2024 pour le transport de conteneurs entre le port de Vancouver et son propre dépôt.

Volvo VNR Electric Tesla Semi
Dans la flotte 8, depuis 2024 12, commandés pour juin 2027
Poids Environ 23 000 lb Moins de 19 000 lb
Autonomie 300–350 km Environ 500 km

Environ quatre mille livres de moins sur le tracteur, ce sont quatre mille livres de charge utile de plus à facturer au client. Combiné à l'autonomie, c'est ce qui fait sortir le Semi du transport de conteneurs de courte distance pour l'amener sur des trajets plus longs.

La remise ne s'applique pas, et le camion coûte quand même moins cher

Le Tesla Semi n'est pas éligible aux remises Go Electric de la Colombie-Britannique pour les véhicules utilitaires. R.R. Plett affirme que son coût d'achat est malgré tout inférieur à celui des Volvo qu'elle exploite déjà, lesquels y avaient droit.

Cela mérite qu'on s'y arrête. Un camion qui l'emporte sur le prix face à un concurrent subventionné, ce n'est pas la même chose qu'un camion qui l'emporte grâce à une subvention, et c'est la première donnée canadienne sur ce que Tesla facture réellement aux flottes.

Un corridor, à terme

Les deux bornes constituent le premier tronçon d'un corridor de fret électrique entre Vancouver et Calgary. R.R. Plett envisage d'autres sites MCS à Golden, en C.-B., et à Calgary d'ici trois à cinq ans, ce qui comblerait le vide à travers les Rocheuses.

Il s'agit d'un réseau de dépôts privé, conçu pour une seule flotte. C'est l'exact opposé de l'accord conclu par Tesla en Californie, où l'entreprise va exploiter une recharge mégawatt publique dans des dépôts qui ne lui appartiennent pas. Les deux modèles se construisent en même temps, et il n'est pas encore clair lequel Tesla entend mettre en avant.