MyWheels, l'opérateur néerlandais d'autopartage, a intégré à sa flotte publique une Tesla équipée du Full Self-Driving (Supervised) le 27 août 2026. C'est la première voiture partagée aux Pays-Bas proposée avec ce système, et le jour du lancement la flotte en comptait précisément une, garée à Den Bosch.
Ce qui a réellement été lancé
L'entreprise affirme vouloir au moins 50 voitures partagées équipées du FSD dans sa flotte avant la fin de 2026, ajoutées « pas à pas et dans un environnement contrôlé ». Pour l'instant, un adhérent qui veut en essayer une doit se rendre à Den Bosch. Les tarifs de location et les conditions d'assurance restent inchangés pendant le pilote : la voiture dotée du FSD ne coûte donc pas plus cher au locataire que n'importe quelle autre Tesla de MyWheels.
Le directeur général Laurens van de Vijver l'a présenté comme une première étape plutôt qu'un produit abouti : les voitures partagées autonomes seront « une brique essentielle de la transition de la mobilité », et ce lancement place l'entreprise en position pour un avenir où une voiture partagée viendra se garer devant votre porte, puis repartira d'elle-même vers l'usager suivant. Ce n'est pas ce qui est proposé cette semaine.
Le locataire reste le conducteur
En Europe, le FSD (Supervised) est un système d'aide à la conduite de niveau 2, pas de l'autonomie. Le RDW a homologué la version 2026.3.6 de Tesla le 10 avril 2026 au titre du règlement ONU n° 171, qui encadre les systèmes d'assistance au contrôle du conducteur. Cette homologation permet au conducteur de lâcher le volant dans des conditions appropriées. Elle ne l'autorise pas à cesser de surveiller la route, et elle ne transfère pas la responsabilité juridique hors de la personne assise au poste de conduite.
Cette distinction pèse plus lourd dans une voiture partagée que dans une voiture particulière. Un adhérent de MyWheels peut découvrir le système pour la première fois, dans une voiture récupérée cinq minutes plus tôt, éventuellement dans une ville qu'il ne connaît pas. La couverture médiatique néerlandaise est constante sur les trois obligations qui accompagnent la clé : surveiller le trajet en permanence, en rester responsable et être en mesure d'intervenir.
Pourquoi les Pays-Bas et nulle part ailleurs en Europe
C'est possible aux Pays-Bas parce que c'est aux Pays-Bas que les documents existent. La Lituanie et l'Estonie ont reconnu le certificat néerlandais ; le Danemark et la Belgique l'ont accepté après examen du dossier, la Belgique après 5 000 km d'essais supplémentaires qu'elle a menés elle-même sur les routes flamandes. L'Allemagne, la France, l'Italie, l'Espagne et la République tchèque ont laissé entendre qu'elles préféraient attendre une décision coordonnée de l'UE plutôt que de délivrer une autorisation nationale que Bruxelles pourrait ensuite annuler — c'est pourquoi le dossier déposé par Tesla en Italie n'est toujours qu'un dossier.
Ainsi, la première voiture partagée à conduite autonome supervisée du pays arrive sur le seul marché européen dont le régulateur a bougé le premier, et elle arrive au moment où Waymo prépare une exploitation sans conducteur à Munich pour 2027 — une catégorie au-dessus de tout ce qu'une Tesla supervisée est autorisée à faire ici.
Le chiffre à surveiller est 50
MyWheels a déjà montré sa capacité à transformer un pilote en flotte. L'opérateur exploite près de 400 voitures partagées en vehicle-to-grid à Utrecht et Eindhoven, soit environ 2 MW en pointe, et visait 1 000 véhicules et près de 5 MW. Que la flotte FSD atteigne ou non 50 unités en décembre sera le test permettant de savoir s'il s'agissait d'une décision de flotte ou d'une annonce de lancement. Aujourd'hui, c'est une voiture dans une ville.