Les automobilistes allemands rechargent leur voiture électrique en ville et délaissent l'autoroute. C'est le mouvement le plus net de la cinquième enquête utilisateurs du BDEW sur la mobilité électrique et la recharge, réalisée par UScale auprès de 1 009 conducteurs de véhicules 100 % électriques en Allemagne en juillet et août 2026.
Les hubs de centre-ville ont presque doublé en un an
39 % des personnes interrogées rechargent désormais dans un hub de recharge en centre-ville, contre 21 % dans l'édition 2025 — un bond de 18 points, et la plus forte variation de toute l'enquête.
| Lieu de recharge | 2026 | Enquête précédente |
|---|---|---|
| À domicile | 75% | 82% |
| Hubs de recharge en centre-ville | 39% | 21% |
| Parkings clients et commerciaux | 47% | 43% |
| Lieu de travail | 40% | 42% |
| En trajet / autoroute | 34% | 50% |
Deux lignes résument l'histoire : la recharge à domicile a perdu sept points et la recharge autoroutière seize. La recharge devient une opération effectuée au fil d'une course en ville plutôt qu'un arrêt intégré à la planification d'un trajet — ce à quoi on peut s'attendre à mesure que les hubs se densifient jusqu'à devenir accessoires, et que davantage de conducteurs de véhicules électriques vivent sans wallbox privée.
La satisfaction est élevée, la fidélité aussi
Parmi les 775 personnes interrogées qui utilisent la recharge publique, 91 % estiment que l'offre répond au moins à leurs attentes et 55 % qu'elle les dépasse. 94 % rachèteraient une voiture électrique, et la même proportion en recommanderait une.
Ce qu'ils paient réellement
Comme le rapporte electrive, trois quarts des personnes interrogées paient au maximum 59 centimes/kWh en AC et 69 centimes/kWh en recharge rapide. 82 % rechargent sous contrat via une application ou une carte plutôt qu'en ad-hoc, et environ 59 % utilisent des applications de comparaison de prix.
Il s'agit de plafonds pour trois quarts des conducteurs, non de moyennes, et ils s'accordent mal avec le tarif ad-hoc — le prix au comptoir, sans contrat — qui s'établissait à 57 centimes/kWh en AC et environ 62 en DC en août. Le quartile supérieur de l'enquête s'en approche en AC et le dépasse en DC. Un contrat n'est pas automatiquement moins cher ; il ne l'est que si le tarif a été bien choisi, ce qui explique sans doute pourquoi tant de conducteurs vérifient — le même comportement observé lors de la fin des remises estivales sur la recharge en Pologne.
Pourquoi cela compte pour un propriétaire de Tesla
En Allemagne, les conducteurs de Tesla sont dans ce marché, pas à côté. Le registre de la Bundesnetzagentur au 1er août place Tesla au troisième rang des 12 914 opérateurs de points de recharge avec 3 951 points — derrière EnBW mobility+ et ses 12 464 points et E.ON Drive avec 4 942 — sur un total de 212 064 points de recharge publics à l'échelle nationale. Environ 98 % de la recharge publique allemande repose sur le matériel d'un tiers et sur le tarif d'un tiers : l'écrasante majorité des sessions recensées dans cette enquête se sont donc déroulées ailleurs qu'à un Supercharger.
Deux conséquences en découlent. Si la recharge autoroutière recule véritablement en part des sessions, la valeur d'un réseau conçu autour des corridors longue distance — ce que le réseau Supercharger a été pensé pour être — se déplace vers l'implantation urbaine, là où EnBW et les exploitants de hubs ont le plus investi. Et si 59 % des conducteurs comparent les prix à chaque session, la tarification au kWh devient une variable concurrentielle plutôt qu'une note de bas de page.
L'enquête ne mentionne Tesla nulle part. C'est peut-être là le véritable enseignement : pour le conducteur de véhicule électrique allemand moyen, le réseau de recharge est désormais un marché, et le réseau d'aucune marque n'en constitue le point de référence.