Tesla construit dans le Queens un Supercharger assez vaste pour redéfinir ce à quoi ressemble une station de recharge urbaine. La station en cours de construction au 48-26 54th Road, à Maspeth, compterait 64 bornes, ce qui en ferait le plus grand Supercharger de la côte Est des États-Unis.

Le chiffre vient de Sawyer Merritt, qui a publié le 16 août que Tesla « construit actuellement une nouvelle station Supercharger de 64 bornes dans le Queens, à New York » et qu'elle sera « la plus grande station Supercharger de la côte Est des États-Unis ».

Le nombre de bornes n'est pas tout à fait arrêté

Mieux vaut signaler l'incohérence que la gommer. Le message de Merritt parle de 64 bornes et la qualifie de plus grande. L'article de Teslarati donne une fourchette de 64 à 68 et décrit le site comme à égalité avec la station de Halifax, en Caroline du Nord, qui compte 68 bornes, pour le titre de plus grande station de la côte atlantique.

Ces deux affirmations ne peuvent pas être exactes en même temps, et Tesla n'a pas publié de configuration définitive. Soixante-quatre bornes n'en font la plus grande sans partage que si Halifax compte moins de 68 emplacements ; à 68, il y a égalité. Dans tous les cas, le site est dans une catégorie à part pour la région, et le chiffre final est le genre de détail qui évolue en cours de chantier.

Pourquoi Maspeth

Le choix de l'emplacement est plus intéressant que le chiffre du titre. Maspeth se trouve sur l'I-495, le corridor entre Manhattan et Long Island, ce qui en fait une halte naturelle pour les conducteurs circulant dans un sens comme dans l'autre, plutôt qu'une borne de destination.

Il comble aussi un vrai manque. Manhattan ne compte que cinq Superchargers, dotés généralement de quatre prises chacun — soit une vingtaine de bornes pour la partie la plus dense de la ville. Un site de 64 bornes dans l'arrondissement voisin fait davantage pour la capacité de recharge de New York que tout ce que Manhattan peut raisonnablement accueillir, compte tenu de l'espace qu'exige une station de cette taille.

Deux des emplacements sont traversants, pour les voitures tractant une remorque. C'est un petit détail qui vise un public précis : les propriétaires de Cybertruck et de Model X attelés doivent aujourd'hui dételer sur la plupart des sites.

Ce que signifie réellement un site de 64 bornes

Les débuts du réseau Tesla reposaient sur des sites de huit à douze bornes le long des autoroutes. Des stations de cette ampleur relèvent d'un autre produit : elles supposent une demande de file d'attente continue, elles réclament une capacité réseau plus proche de celle d'un poste électrique que d'un parking, et elles n'ont de sens que là où une flotte de robotaxis ou un très fort trafic privé justifie le coût du raccordement.

New York est par ailleurs l'un des marchés où Tesla étend les essais routiers du Cybercab. Une très grande station urbaine près d'un axe majeur, c'est exactement l'infrastructure dont une flotte autonome a besoin, que ce soit ou non l'objectif affiché ici.

Ce que les propriétaires européens doivent en retenir

Aucun site européen de cette envergure n'est prévu, et il s'agit d'un projet américain — mais la question de conception à laquelle il répond se pose aussi en Europe. Le point de blocage des trajets européens en Supercharger tient rarement à la taille totale du réseau ; il tient à une poignée de sites sur les corridors de vacances qui saturent quelques semaines par an pendant que les sites voisins restent vides.

La réponse de Tesla dans le Queens consiste à construire une très grande station sur l'itinéraire de passage plutôt que plusieurs petites près de la destination. C'est un modèle que les opérateurs européens pourraient reprendre, et il gagne en pertinence à mesure que le réseau absorbe le trafic d'autres marques — comme TeslAnt l'a raconté lorsque les Superchargers polonais se sont ouverts à toutes les marques avec des tarifs publiés. Plus il y a de voitures par site, plus le nombre de bornes prime sur le nombre de sites.