Tesla accélère la production à la Gigafactory Berlin-Brandenburg pour la deuxième fois en quelques mois, cette fois en visant 7 500 véhicules par semaine d'ici octobre et en ajoutant environ 1 000 nouveaux postes à la chaîne d'assemblage pour y parvenir. Le directeur de l'usine, André Thierig, a confirmé ce plan alors que l'entreprise s'efforce de suivre le rythme d'une vive reprise de la demande européenne.

Les chiffres derrière la montée en cadence

Le nouvel objectif s'appuie directement sur une expansion antérieure de 2026. En avril, Tesla a annoncé une hausse de production d'environ 20 % qui fait passer la production hebdomadaire d'environ 5 000 à 6 200 voitures à partir de juillet. La dernière décision pousse ce chiffre encore plus loin, à 7 500 véhicules par semaine à partir d'octobre — une étape qui exige les 1 000 employés supplémentaires décrits par Thierig.

Conjuguées aux précédentes campagnes de recrutement, les annonces de Tesla laissent entrevoir environ 3 500 emplois supplémentaires sur le site à court et moyen terme. Une partie de ces emplois concerne l'activité batteries de l'usine : son usine de cellules se prépare à produire 18 GWh de cellules 4680 à partir de 2027, un travail qui devrait à lui seul ajouter quelque 1 500 postes.

Pourquoi la demande est revenue

L'expansion est une réponse directe à un retournement européen que peu avaient prévu il y a un an. Après une année 2025 éprouvante, les immatriculations de Tesla grimpent depuis plusieurs mois d'affilée, soutenues par le Model Y restylé, les incitations régionales à l'achat et des prix des carburants obstinément élevés qui continuent de pousser les acheteurs vers l'électrique. L'usine de Berlin, qui a récemment franchi le cap des 750 000 véhicules, produit le Model Y en grande quantité pour le marché européen et exporte désormais aussi la voiture vers le Canada.

La production locale offre un avantage stratégique qui dépasse le simple effectif. Fabriquer le Model Y en Allemagne le met à l'abri des droits de douane de l'UE sur les véhicules électriques fabriqués en Chine et raccourcit les délais de livraison pour les acheteurs en Allemagne, en France et dans les pays nordiques — un avantage qui compte d'autant plus que les rivaux chinois poussent plus fort en Europe.

Ce que cela signifie pour les propriétaires européens

Pour les acheteurs, une cadence de production plus élevée devrait se traduire par des délais d'attente plus courts et une disponibilité plus régulière du Model Y restylé, la configuration que commandent la plupart des acheteurs européens. Pour la région dans son ensemble, cette montée en cadence est un vote de confiance tangible : Tesla engage des capitaux et des emplois dans sa seule usine automobile européenne plutôt que de les réduire, inversant l'humeur qui planait sur Grünheide pendant une grande partie de 2025.

Les objectifs sont ambitieux, et Tesla a un historique d'objectifs audacieux à Berlin qui n'ont pas été tenus par le passé. Mais la direction est claire. Avec une production qui grimpe en deux étapes jusqu'en octobre et une ligne de batteries qui monte en puissance derrière elle, Giga Berlin est positionnée comme le point d'ancrage de la reprise européenne de Tesla plutôt que comme un point d'interrogation à son sujet.