La reprise européenne de Tesla a accéléré en mai 2026. Les chiffres nationaux d'immatriculations publiés début juin montrent des gains à deux et trois chiffres sur un an dans la plupart des plus grands marchés du continent, prolongeant un redressement amorcé plus tôt dans l'année. La France a mené la danse avec un bond de 655 %, tandis que l'Allemagne — le plus grand marché européen de Tesla et siège de la Gigafactory Berlin — a progressé de 322 %. Les chiffres sont frappants, même si une grande partie de la hausse reflète la faiblesse du mois de mai 2025 pour Tesla.

Ce que montrent les chiffres de mai

Le signal le plus clair vient des autorités nationales des transports, qui déclarent directement les immatriculations. La France a enregistré 5 446 nouvelles Tesla, son meilleur mois de mai jamais atteint et plus de 20 000 unités depuis le début de l'année. Le KBA allemand, qui a publié ses données de mai le 3 juin, a recensé 5 111 immatriculations — une hausse de 322 % au cours d'un mois où l'ensemble du marché automobile allemand est resté pratiquement stable, à 239 448 unités.

Marché Immatriculations Évolution sur un an
France 5,446 +655%
Allemagne 5,111 +322%
Norvège 3,345 +29%
Danemark 1,750 +136%
Espagne 1,690 +113%
Portugal 1,463 +349%
Suède 858 +71%

En Norvège, Tesla a pris une part de marché dominante de 21,5 %, et au Danemark, le Model Y a été le véhicule le plus vendu, toutes catégories confondues. Tous les marchés n'ont pas suivi : l'Italie a reculé en mai, même si son cumul depuis le début de l'année reste supérieur à celui de 2025.

L'angle européen

Pour les propriétaires et les acheteurs européens, la reprise compte pour des raisons qui dépassent les pourcentages des gros titres. La plupart de ces immatriculations concernent le Model Y restylé, désormais produit en grande série à Giga Berlin, qui a franchi le cap de son 750 000e véhicule en mai et augmente sa production d'environ 20 %. La production locale met le Model Y à l'abri des droits de douane de l'UE sur les véhicules électriques fabriqués en Chine et réduit les délais de livraison pour les acheteurs en Allemagne, en France et dans les pays nordiques.

Les observateurs du secteur attribuent ce succès à une combinaison bien connue : un produit restylé, des incitations régionales à l'achat, des prix élevés des carburants et un regain d'intérêt pour les voitures électriques. Cette poussée s'appuie sur le rebond d'avril et sur la série du Model Y, voiture la plus vendue d'Europe en mars.

Lisez attentivement la base de comparaison

La réserve porte sur l'année de référence. Les ventes européennes de Tesla ont chuté d'environ 27 à 28 % sur l'ensemble de 2025, sur fond de gamme vieillissante, de controverse autour de la marque et de concurrence chinoise féroce. Un gain de 655 % en France relève en partie de l'arithmétique : il est facile de multiplier un très petit nombre. Les agrégats paneuropéens pour mai sont encore en cours de compilation, et quelques marchés restent atones. La tendance est véritablement positive — trois mois consécutifs de croissance — mais mai 2026 ressemble moins à un boom qu'à un Tesla qui reconquiert le terrain cédé il y a un an.