Ford a confirmé une coentreprise européenne avec Geely en juillet 2026, et les informations parues depuis ont précisé ce qui en sortira. L'essentiel pour les acheteurs européens : un Kuga entièrement nouveau est attendu en 2029, développé avec la technologie Geely, et il ne sera pas uniquement électrique.
Ce qui est annoncé et ce qui relève de la presse
La coentreprise, elle, est officielle. Ford en détiendra 66 % et Geely 34 %, l'opération devrait être finalisée l'an prochain sous réserve de l'accord des autorités, et l'ensemble est basé dans l'usine Ford de Valencia, en Espagne, avec un démarrage de la production au premier semestre 2027.
| Étape | Calendrier |
|---|---|
| Finalisation de la coentreprise | 2027, sous réserve d'autorisations |
| Démarrage de l'activité à Valencia | Premier semestre 2027 |
| Premier SUV électrique dérivé de Geely | Fin 2028 |
| Kuga entièrement nouveau | 2029 |
Le calendrier du Kuga et le plan multi-motorisations proviennent de la presse et non d'une annonce de Ford : c'est ainsi qu'il faut les lire. Ford n'a publié aucune date de lancement pour le prochain Kuga.
Pourquoi Ford s'y engage
La gamme de voitures particulières de Ford en Europe se réduit depuis des années. La Fiesta et la Focus ont disparu, et le Kuga est l'un des rares modèles de volume qui restent. Concevoir un remplaçant de zéro suppose de payer une plateforme, une chaîne d'approvisionnement en batteries et une architecture électronique, puis d'amortir le tout sur une base de ventes rétrécie — une arithmétique qui ne tient plus.
Geely fournit les trois. La justification affichée par Ford tient à l'échelle et au taux d'utilisation de l'usine : achats de composants mutualisés, recours à la chaîne d'approvisionnement en batteries de Geely et remplissage de Valencia, qui tourne très en dessous de sa capacité. L'usine conserve ses emplois et Ford conserve une gamme européenne qu'il ne pourrait pas financer autrement.
Le point inconfortable, c'est ce que l'accord concède. Un constructeur américain achète à un groupe chinois la technologie qui lui permettra de rester en Europe, et au moins un élu américain a publiquement qualifié le montage d'incompréhensible. L'autorisation réglementaire n'est pas une formalité.
Ce que cela change pour les acheteurs européens
Rien avant 2028. Le Kuga actuel poursuit sa carrière, et quiconque choisira un SUV familial dans les deux prochaines années le fera dans la gamme d'aujourd'hui, indépendamment de cet accord.
Le vrai changement, c'est l'inversion de cap. Au début des années 2020, Ford promettait une gamme européenne de voitures particulières 100 % électrique en 2030 ; un successeur du Kuga proposé avec plusieurs motorisations marque la fin officielle de ce plan. Ford n'est pas seul — la plupart des constructeurs européens ont discrètement assoupli la même promesse — mais le signal est net.
Cela place aussi les deux moitiés de Ford sur des trajectoires visiblement différentes. En Amérique du Nord, le groupe pousse sa propre plateforme électrique bon marché, en dernier lieu avec le pick-up Fathom à 28 350 dollars. En Europe, il prend sous licence celle d'un autre. Les deux réponses sont rationnelles au regard du marché auquel chaque division fait réellement face, mais ce n'est plus la même stratégie d'entreprise.