Les propriétaires tchèques de Tesla qui espéraient que l'homologation néerlandaise historique du Full Self-Driving se répercuterait rapidement sur tout le continent ont reçu une réponse claire : pas encore. Le ministère tchèque des Transports a confirmé qu'il ne reconnaîtrait pas l'autorisation néerlandaise du FSD Supervised sur ses propres routes, et qu'il préférait attendre une position européenne coordonnée plutôt que d'accorder une dérogation nationale que Bruxelles pourrait ensuite annuler.
Ce que les Pays-Bas ont réellement homologué
Le 10 avril 2026, l'autorité néerlandaise des véhicules, le RDW, est devenu le premier régulateur de l'UE à accorder une réception par type au FSD Supervised. Il l'a fait au titre du UN Regulation 171 — le cadre applicable à ce que les régulateurs appellent les systèmes d'assistance à la conduite supervisée par le conducteur — associé à une dérogation au titre de l'Article 39 du Regulation (EU) 2018/858, la clause réservée aux technologies de véhicule qui ne s'inscrivent pas encore dans le corpus réglementaire harmonisé de l'UE.
C'est précisément cette combinaison qui est au cœur du litige. Une dérogation au titre de l'Article 39 est une approbation provisoire nationale, et non une réception par type valable dans toute l'UE ; elle ne s'étend donc pas automatiquement aux autres États membres. Chaque pays doit encore décider s'il l'accepte.
Pourquoi la Tchéquie temporise
La réponse de Prague est d'attendre. Le ministère a fait savoir qu'il préférait une procédure européenne commune à une mosaïque d'approbations nationales, ce qui place la Tchéquie aux côtés de l'Allemagne, de la France, de l'Italie et de l'Espagne — les marchés plus importants qui préféreraient voir l'UE avancer comme un bloc.
Les enjeux pratiques restent modestes en Tchéquie. Les articles consacrés à la position du ministère estiment à environ 300 le nombre de voitures qui utiliseraient le FSD Supervised, une petite fraction des quelque 8 400 Tesla équipées du HW4 immatriculées dans le pays. Le ministère a également indiqué clairement qu'il n'entendait pas dépenser des fonds publics pour évaluer ce qu'il qualifie d'essais privés, et précise que sa propre évaluation d'experts est toujours en cours.
Ce que cela signifie pour les propriétaires tchèques
Pour l'heure, la fonction reste verrouillée en Tchéquie, y compris pour les voitures dotées du matériel nécessaire. Les propriétaires qui ont payé pour le FSD ne peuvent pas utiliser légalement ses fonctions de conduite supervisée sur les routes tchèques tant que le ministère n'aura pas changé de position ou que l'UE n'aura pas rendu la décision harmonisée que Prague attend.
Le calendrier dépend de Bruxelles. Les discussions concernées passent par le Comité technique pour les véhicules à moteur de l'UE, et la Tchéquie a lié sa décision à ce processus plutôt qu'au précédent néerlandais. Comme TeslAnt l'a cartographié à l'échelle du continent, la majeure partie de l'Europe reste dans la file d'attente derrière les Pays-Bas, la Lituanie et l'Estonie — et la position de la Tchéquie rappelle que la reconnaissance mutuelle n'est pas automatique.
La lecture optimiste veut qu'une fois que l'UE aura accepté un dossier d'homologation unique, les approbations puissent se propager rapidement à travers le système commun de réception par type. La pessimiste veut qu'un consensus à l'échelle du bloc prenne des mois de plus que n'importe quel pays agissant seul. Quoi qu'il en soit, les conducteurs tchèques se trouvent désormais fermement dans le second camp : ils attendent l'Europe, pas Tesla.