L'Europe se branche aux bornes Supercharger V4 de Tesla depuis bien plus d'un an, mais les armoires qui alimentent ces bornes appartenaient encore à l'ancienne génération V3, plafonnant la puissance à environ 250 kW. Cela change désormais. Tesla a mis sous tension le premier Supercharger du continent alimenté par une armoire de puissance V4 complète à Hellerudsletta, juste à la sortie d'Oslo, portant le plafond matériel du site à 500 kW par borne.

Ce qui a réellement changé

La distinction compte. Les bornes V4 élancées déjà déployées à travers l'Europe sont pour l'essentiel des améliorations cosmétiques reliées en coulisses à des armoires V3 — câbles plus longs, terminal de paiement et architecture à plus haute tension, mais la même limite de puissance. Le nouveau site norvégien associe ces bornes à l'armoire V4 pour laquelle elles ont été conçues, et c'est là ce qui débloque le chiffre supérieur. L'électronique de puissance a été fabriquée à l'usine Tesla de Buffalo, dans l'État de New York, puis expédiée en Norvège pour le premier déploiement européen.

La Norvège est un point de lancement logique. C'est l'un des marchés les plus solides de Tesla en part de marché — la marque y a capté 21,5 % des nouvelles immatriculations en mai — et le réseau électrique ainsi que le climat froid du pays en font un terrain d'essai utile pour la charge à forte puissance.

Qui profite des 500 kW

Il vaut la peine d'être précis sur le chiffre annoncé. Aucune Tesla vendue aujourd'hui ne charge ne serait-ce que près de 500 kW. Les Model Y et Model 3 restylées culminent à environ 250 kW, et même le Cybertruck — non vendu officiellement en Europe — plafonne en deçà du seuil de l'armoire. Le chiffre de 500 kW concerne la marge de manœuvre, pas une vitesse qu'un propriétaire de Tesla actuel verra demain sur son tableau de bord.

Les gains pratiques sont plus subtils. Une armoire à plus grande capacité maintient les débits de pointe pour davantage de voitures à la fois, de sorte qu'un site fréquenté risque moins de brider les bornes lorsque plusieurs véhicules arrivent ensemble. À mesure que Tesla continue d'ouvrir son réseau aux véhicules électriques non-Tesla à travers l'Europe, la puissance supplémentaire prépare aussi le site pour les véhicules construits sur des architectures de 800 volts, capables d'appeler plus de puissance que les Tesla actuelles.

L'angle européen

Pour les conducteurs européens, la portée tient à la direction prise. Le réseau de Tesla a longtemps dominé sur la fiabilité et la simplicité d'usage, mais accusait un retard sur des rivaux comme Ionity et les sites équipés d'Alpitronic en matière de puissance de pointe brute. Une armoire de 500 kW comble cet écart et signale que le déploiement V4 du continent passe de bornes cosmétiques à une infrastructure véritablement renforcée.

Tesla n'a pas publié de calendrier pour convertir d'autres sites européens en armoires V4 complètes, et le site de Hellerudsletta reste pour l'instant une installation unique. Mais le matériel est éprouvé et sur le terrain, ce qui précède habituellement un déploiement plus large. Pour les propriétaires, le message est simple : les bornes élancées qui apparaissent aux aires d'autoroute commencent enfin à recevoir l'alimentation qu'elles étaient censées avoir depuis toujours.