Une flotte prend forme à Phoenix

Environ 60 Tesla Model Y équipés de lave-caméras arrière spécialisés ont été repérés sur un terrain de préparation à Phoenix, en Arizona, selon NotATeslaApp. Les véhicules portent des plaques de constructeur californiennes et semblent conçus spécifiquement pour le transport autonome — correspondant à la configuration utilisée par Tesla pour sa flotte de robotaxis existante à Austin.

Le lave-caméra arrière est une modification spécifique aux robotaxis, absente des Model Y grand public. Il maintient la caméra arrière propre en conduite autonome, lorsqu'aucun conducteur n'est présent pour détecter ou corriger l'encrassement des capteurs.

Du test au déploiement

L'ampleur du déploiement — 60 véhicules plutôt qu'une poignée de prototypes — suggère que Phoenix a dépassé la phase de tests. Le service robotaxi de Tesla à Austin fonctionne actuellement avec environ 35 véhicules, ce qui fait de la flotte de Phoenix presque le double dès le départ.

Tesla a déclaré lors de ses résultats du T4 2025 que Phoenix figurait parmi les sept zones métropolitaines prévues pour le robotaxi au premier semestre 2026 :

Ville Statut
Austin Actif depuis fin 2025
Phoenix Préparation (60 véhicules repérés)
Dallas Prévu S1 2026
Houston Prévu S1 2026
Miami Prévu S1 2026
Orlando Prévu S1 2026
Tampa Prévu S1 2026
Las Vegas Prévu S1 2026

Le Cybercab à l'horizon

Les robotaxis Model Y sont un pont vers le Cybercab, véhicule conçu spécifiquement pour l'autonomie, dont la production devrait débuter en avril 2026 à la Gigafactory Texas. Le Cybercab est dépourvu de volant et de pédales.

Une fois la production du Cybercab montée en volume, la flotte de Model Y pourrait passer à un rôle de support — ou être redéployée sur de nouveaux marchés. Pour l'instant, le Model Y sert de cheval de labour, permettant à Tesla d'accumuler de l'expérience opérationnelle pendant que le matériel dédié monte en puissance.

Ce que cela signifie pour l'Europe

Les ambitions robotaxi de Tesla restent limitées aux États-Unis pour l'instant, mais les implications européennes sont significatives. Chaque kilomètre parcouru de manière autonome à Phoenix et Austin génère des données qui alimentent le réseau neuronal FSD — le même qui propulsera FSD Supervised lors de son lancement en Europe.

Tesla mène actuellement des démonstrations FSD dans plusieurs pays européens, l'homologation étant en attente aux Pays-Bas. Le bilan opérationnel que Tesla constitue dans les villes américaines sera un élément clé lorsque les régulateurs européens évalueront le dossier de sécurité des fonctions de conduite autonome.

Le paysage concurrentiel

Tesla n'est pas seule dans la course au transport autonome. Waymo s'est récemment étendu à Nashville, sa onzième ville américaine, et opère un service commercial plus mature. Mais Waymo utilise des véhicules coûteux équipés de LiDAR avec une capacité de production limitée, tandis que l'approche caméra uniquement de Tesla est conçue pour fonctionner sur du matériel grand public déjà présent dans des millions de véhicules.

Le déploiement à Phoenix représente le pari de Tesla que l'échelle et le volume de données — et non le coût des capteurs — désigneront le vainqueur de la mobilité autonome.