La Belgique est devenue le deuxième pays de l'Union européenne à autoriser Tesla Full Self-Driving (Supervised) pour les essais sur la voie publique. La ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder, a confirmé l'autorisation après que son administration a achevé un examen accéléré du dossier Tesla début mai 2026.
Comment l'autorisation s'est concrétisée
De Ridder a ordonné l'examen accéléré au début du mois de mai, en demandant à son administration de remettre un avis sur une « homologation rapide » dans un délai d'une semaine. L'examen accéléré s'est penché sur le dossier néerlandais RDW soumis par Tesla en février 2026, ainsi que sur les données de sécurité routière issues des essais Tesla aux Pays-Bas depuis que l'homologation de type néerlandaise est tombée le 10 avril.
L'administration flamande a recommandé que Tesla effectue une série limitée d'essais supplémentaires dans le pays avant que l'homologation ne soit accordée. Le raisonnement est simple : la géométrie routière belge, la signalisation et la discipline de voie diffèrent suffisamment du réseau néerlandais pour que les examinateurs souhaitent disposer de données réelles sur les autoroutes flamandes et les routes urbaines avant de signer une autorisation définitive.
Tesla est désormais autorisé à tester sur « au moins un véhicule en Flandre » dans le cadre de cette phase complémentaire de collecte de données. L'autorité fédérale belge pèsera le rapport flamand parallèlement à son propre examen avant qu'un déploiement de série ne puisse commencer dans le pays.
Ce que Tesla a apporté au dossier
Tesla a profité de ses semaines d'essais autorisés aux Pays-Bas pour constituer un dossier de preuves frais en vue de l'examen flamand. Le programme néerlandais a désormais enregistré des dizaines de milliers de kilomètres supervisés sur autoroutes, routes urbaines et itinéraires ruraux, avec des données de désengagement que l'entreprise peut présenter à d'autres régulateurs de l'UE. C'est ce corpus de données qui a permis à De Ridder de comprimer un dossier d'homologation habituellement long de plusieurs mois en un examen d'une semaine.
Il est aussi utile que Tesla effectue discrètement des kilomètres autonomes sur circuit fermé à l'intérieur même de son usine de Berlin. L'entreprise a enregistré environ 150 000 km d'utilisation du FSD sur le site de Giga Berlin, en utilisant le système pour déplacer les nouvelles Model Y de la fin de ligne vers le parc logistique de sortie. Ces kilomètres ne se déroulent pas sur la voie publique et n'ont donc pas de poids réglementaire direct, mais ils permettent à Tesla de valider chaque version logicielle face à une flotte européenne avant qu'elle ne soit déployée pour les essais routiers.
Comment la Belgique s'inscrit dans la séquence européenne
La Belgique est le troisième domino de l'histoire Tesla FSD en Europe. Les Pays-Bas ont validé le système pour un usage en série le 10 avril 2026. La Suède, la Norvège et l'Italie ont autorisé les essais supervisés selon leurs propres règles nationales. L'Allemagne et la France restent en dialogue préliminaire avec Tesla mais n'ont pas encore ouvert de dossier d'homologation formel.
La question plus large de l'UE est traitée en parallèle par le Comité technique pour les véhicules à moteur (TCMV), qui vote sur l'homologation transfrontalière de type. Un vote favorable du TCMV fin juin permettrait à Tesla d'étendre l'autorisation néerlandaise à chaque État membre de l'UE. Si ce vote a lieu avant que la Belgique ne finalise son homologation nationale, la voie européenne la supplanterait. S'il glisse, l'autorisation nationale belge devient le deuxième chemin le plus net vers un déploiement de série en conditions réelles.
| Pays | Statut (mai 2026) | Source |
|---|---|---|
| Pays-Bas | Homologation de série (10 avril) | RDW |
| Belgique (Flandre) | Essais supervisés autorisés | Ministère flamand de la Mobilité |
| Suède | Essais supervisés à Nacka | Agence des transports |
| Norvège | Essais supervisés | Autorités norvégiennes |
| Italie | Pression parlementaire pour fast-track | Ministère des Transports (en attente) |
| Allemagne, France | Dialogue uniquement | s.o. |
Ce que les propriétaires belges doivent surveiller
Une autorisation de tests flamande n'équivaut pas à la possibilité d'acheter ou de s'abonner au FSD en Belgique. L'étape actuelle permet à Tesla d'exploiter ses propres véhicules de validation ; l'activation pour les particuliers attend soit l'homologation fédérale, soit le feu vert à l'échelle de l'UE via le TCMV. Les propriétaires qui ont déjà payé le FSD en totalité ne peuvent toujours pas activer l'ensemble de fonctions supervisées sur les routes belges tant que cette autorisation supplémentaire n'est pas en place.
Le calendrier pratique d'activation dépend désormais de deux voies parallèles. Si le vote du TCMV fin juin est favorable, les propriétaires belges figureraient parmi les premiers bénéficiaires d'un déploiement à l'échelle de l'UE. Si le vote est retardé ou divisé, la voie nationale de Tesla et de l'administration flamande devient l'itinéraire le plus rapide, avec une activation possible plus tard dans l'été 2026.