Le paquet automobile tant attendu de l'Union européenne fait encore l'objet de luttes au Parlement européen, et l'une des lignes de fracture les plus nettes porte sur le degré d'agressivité avec lequel les flottes de voitures de société devraient être contraintes de passer à l'électrique. Selon electrive, le groupe social-démocrate (S&D) exige un quota de véhicules électriques nettement plus strict pour les flottes d'entreprise que celui avancé par la Commission européenne dans son projet de décembre.

Cela compte davantage pour Tesla que ne le laisse penser le titre. Sur plusieurs grands marchés européens, les immatriculations de voitures de société et de flottes — et non les acheteurs particuliers — constituent la voie d'accès dominante au marché des voitures neuves. Une part obligatoire plus élevée de véhicules électriques dans ce canal se traduit assez directement par une demande de modèles entièrement électriques.

Ce que veulent les sociaux-démocrates

Le projet du S&D, rédigé par les eurodéputés Tiemo Wölken et François Kalfon, réclame un objectif à l'échelle de l'UE de 54 % de voitures électriques parmi les véhicules d'entreprise, contre les 45 % du projet de décembre de la Commission. Le groupe souhaite également que les États membres cessent, à partir de 2028, d'accorder des avantages fiscaux ou financiers aux voitures de société à carburant fossile, et qu'ils réservent les privilèges fiscaux aux véhicules électriques « fabriqués en Europe ».

Des exemples nationaux montrent à quel point les positions sont éloignées. En Autriche, selon electrive, les sociaux-démocrates proposent une part électrique de 70 % pour les flottes d'entreprise d'ici 2030, contre les 58 % esquissés par la Commission.

Mesure Projet de la Commission Proposition du S&D
Part de VE à l'échelle de l'UE, voitures de société 45% 54%
Objectif flottes Autriche d'ici 2030 58% 70%
Avantages fiscaux pour voitures de société fossiles Progressif Supprimés dès 2028

La condition « fabriqué en Europe »

L'exigence que les privilèges fiscaux ne s'appliquent qu'aux véhicules électriques construits en Europe est la clause la plus lourde de conséquences pour les constructeurs. Elle vise à orienter les incitations aux flottes vers la production européenne plutôt que vers les voitures importées, et récompenserait les constructeurs disposant d'usines dans l'UE.

Tesla fabrique le Model Y destiné aux clients européens dans son usine Giga Berlin à Grünheide, de sorte qu'une condition fiscale « fabriqué en Europe » pourrait jouer en sa faveur pour ce modèle — même si la formulation précise, et la manière dont elle traite les véhicules assemblés hors du bloc, relèvent exactement du type de détail encore en négociation. Rien n'est tranché ici.

Calendrier : pas pour bientôt

Il s'agit d'un débat, pas d'une décision. Les positions entre les groupes politiques restent très éloignées, et les lobbyistes des entreprises et associations concernées continuent de défendre leurs intérêts. Le Parlement européen ne devrait pas voter sur les nouvelles règles relatives aux flottes et à l'automobile avant novembre 2026, et le paquet automobile plus large pourrait n'être finalisé qu'en 2027.

Le chancelier allemand Friedrich Merz (CDU) insisterait, selon certaines sources, pour parvenir à un accord avec les groupes du centre — les sociaux-démocrates et le groupe libéral Renew —, ce qui laisse penser que le quota final se situera probablement quelque part entre le projet de la Commission et la ligne plus dure du S&D.

À surveiller

Pour les gestionnaires de flottes européens et les constructeurs qui les courtisent, les chiffres ci-dessus sont ceux à suivre à mesure que les négociations se poursuivent durant la seconde moitié de 2026. Un objectif de 54 % de VE pour les voitures de société, une fin des avantages fiscaux pour les voitures fossiles en 2028 et une condition « fabriqué en Europe » remodèleraient chacun la manière dont les flottes achètent — et quelles voitures elles achètent.